
Les mêmes règles valent pour les logiciels d'ordinateur et les applications mobiles.
Retouche photo, comptabilité, apprentissage des langues, programme d'entraînement, gestion d'une petite entreprise – pour presque chaque tâche, il existe des dizaines de logiciels et d'applications. Nous choisissons souvent le premier résultat de recherche, une publicité ou la recommandation d'un « top ». Ensuite, on découvre qu'il manque une fonction, que le logiciel collecte trop de données ou qu'il prélève chaque mois un abonnement oublié. Voici une méthode qui fonctionne pour tout type de logiciel – sans publicité et sans recommander de produit précis.
1. Partir du problème, pas du logiciel
Avant de comparer, notez en quelques points ce que le logiciel doit faire et ce qui serait seulement un plus. Ajoutez qui l'utilisera, à quelle fréquence, sur combien d'appareils et s'il doit fonctionner sans connexion Internet. Cette liste élimine d'emblée la plupart des candidats et vous protège des « usines à gaz » où la seule fonction utile se perd parmi des dizaines d'autres.

Huit questions auxquelles répondre avant d'installer ou d'acheter un logiciel.
2. Compatibilité avec vos appareils et vos autres logiciels
Vérifiez sur quel système et quelle version le logiciel fonctionne, et comparez la configuration recommandée, pas la configuration minimale – avec celle-ci, un logiciel se contente souvent de démarrer. Sur téléphone, vérifiez que l'application prend en charge votre version du système et qu'elle n'est pas prévue uniquement pour tablette, ou l'inverse. Les formats de fichiers comptent aussi : pourrez-vous ouvrir vos documents actuels et transmettre les résultats à d'autres logiciels, comme votre comptabilité ou un tableur ? Vérifiez aussi la langue du logiciel et de son aide.
3. Où télécharger : la sécurité
• Téléchargez les logiciels sur le site de l'éditeur ou dans la boutique d'applications officielle de votre système. Vérifiez l'adresse – des annonces dans les moteurs de recherche peuvent usurper l'identité de logiciels connus.
• Ne désactivez pas sur votre téléphone le blocage de l'installation d'applications de sources inconnues et n'installez pas de fichiers reçus par e-mail ou messagerie.
• Sur ordinateur, regardez la fenêtre qui demande l'autorisation d'apporter des modifications : un logiciel fiable affiche un éditeur vérifié. « Éditeur inconnu » est une raison de réfléchir.
• Lisez chaque écran de l'installateur et décochez les extras – autres logiciels, barres d'outils, changement de page d'accueil du navigateur.
• Évitez les copies piratées et les « cracks ». C'est l'une des voies les plus courantes par lesquelles les logiciels malveillants arrivent sur un ordinateur.
4. Vie privée et autorisations
Les autorisations doivent découler des fonctions de l'application. Un GPS a besoin de votre position, une messagerie du micro, mais une lampe de poche, une calculatrice ou un jeu simple n'ont besoin ni de vos contacts, ni de vos SMS, ni de votre position précise.

Les autorisations doivent découler des fonctions de l'application. Une simple calculatrice n'a besoin ni de vos contacts, ni de vos SMS, ni de votre position.
N'accordez une autorisation que lorsque l'application en a réellement besoin. Si votre système le permet, choisissez l'accès « uniquement pendant l'utilisation de l'application » et la position approximative plutôt que précise. Les boutiques d'applications officielles indiquent quelles données une application collecte et avec qui elle les partage. Ce sont les déclarations de l'éditeur, mais des mentions inquiétantes sont une bonne raison de chercher autre chose.
Lisez aussi la politique de confidentialité, au moins l'essentiel. Les données restent-elles sur l'appareil ou partent-elles dans le cloud ? Où sont-elles stockées – dans l'Union européenne ou ailleurs ? Un simple bloc-notes a-t-il vraiment besoin d'un compte ? Si vous stockez dans le logiciel des données personnelles de vos clients et que le fournisseur les héberge chez lui, il vous faut un contrat de sous-traitance (RGPD).
5. Le coût sur toute la durée d'utilisation
Le prix d'un logiciel est rarement aussi simple qu'il en a l'air. Les modèles les plus courants :
• gratuit – souvent financé par la publicité ou par les données des utilisateurs ; vérifiez avec quoi vous payez ;
• freemium – version de base gratuite, fonctions importantes payantes ou vendues en achats intégrés ;
• licence unique – vous payez une fois, mais les nouvelles versions majeures sont souvent payantes ;
• abonnement – paiement mensuel ou annuel ; à son terme, le logiciel cesse souvent de fonctionner ou passe en lecture seule.
Comparez le coût sur 3 à 5 ans, pas le prix d'entrée. Un abonnement qui paraît bon marché au début peut coûter plus qu'une licence unique au bout de quelques années – et inversement si la licence exige des mises à niveau payantes.

Exemple avec des montants fictifs : l'abonnement est moins cher au début, mais au bout de quelques années il peut coûter plus qu'une licence unique.
Ajoutez les coûts cachés : modules complémentaires, formules supérieures, espace cloud supplémentaire, licence pour chaque appareil ou utilisateur en plus, formation et reprise des données. En entreprise, vérifiez que la licence autorise l'usage professionnel – les éditions « usage domestique » l'excluent souvent.
Méfiez-vous des essais gratuits qui se transforment tout seuls en abonnement payant. Notez la date de fin de l'essai dans votre agenda. Rappelez-vous que désinstaller une application ne résilie pas l'abonnement – cela se fait dans les paramètres du compte de la boutique d'applications ou chez l'éditeur. Dans l'Union européenne, lors de l'achat d'un contenu numérique, le consommateur perd en général son droit de rétractation de 14 jours s'il a accepté la fourniture immédiate et reconnu perdre ce droit. D'où la règle : tester avant d'acheter.
6. La version d'essai : tester avec vos propres données
Une démonstration de l'éditeur montre le logiciel sous son meilleur jour. Testez-le sur vos propres tâches habituelles : importez un vrai fichier, faites ce que vous faites tous les jours, observez son comportement avec davantage de données et sur un matériel plus ancien. Vérifiez en quoi la version d'essai diffère de la version complète – parfois le nombre d'enregistrements est limité ou l'enregistrement impossible. Posez une question à l'assistance et voyez à quelle vitesse et avec quelle précision elle répond.
7. L'éditeur et le suivi du logiciel
Regardez quand le logiciel a été mis à jour pour la dernière fois et si l'éditeur publie la liste des changements. Un logiciel abandonné par ses développeurs ne reçoit plus de correctifs de sécurité et peut cesser de fonctionner après une mise à jour du système. Vérifiez que l'éditeur indique ses coordonnées et un moyen de le contacter, qu'il existe une aide ou un manuel dans votre langue, et depuis combien de temps le logiciel est sur le marché. Pour un logiciel professionnel, demandez combien de temps la version actuelle sera maintenue.
8. Vos données et une porte de sortie
Posez dès le début la question la moins agréable : et si je veux changer de logiciel ? Vérifiez que vous pouvez exporter vos données dans des formats courants (par exemple CSV, XML, PDF), que le logiciel fait des sauvegardes et que vous pouvez le transférer sur un nouvel ordinateur ou téléphone. Pour les services en ligne, vérifiez ce que deviennent vos données après la résiliation et de combien de temps vous disposez pour les récupérer. Un logiciel que l'on ne peut pas quitter sans perdre ses données finit par coûter le plus cher.
Bien lire les avis et les classements
• Regardez le nombre de notes et les avis les plus récents – une application d'il y a deux ans a pu changer en mieux ou en pire.
• Les avis moyens et négatifs qui décrivent un problème précis sont les plus parlants : « ne se synchronise pas », « une fonction a disparu après la mise à jour », « abonnement difficile à résilier ».
• Méfiez-vous de nombreux avis courts et enthousiastes publiés en peu de temps.
• Les classements « top 10 » sont parfois payés ou rémunérés par des liens d'affiliation. Cherchez des tests qui expliquent leur méthode.
• Demandez aux personnes de votre secteur ce qu'elles utilisent au quotidien et ce qui les agace.
Logiciel pour l'entreprise : ce qu'il faut ajouter
En entreprise s'ajoutent : licences multipostes, gestion des comptes des salariés et des droits, liaisons avec d'autres systèmes, contrat précisant la disponibilité du service et les délais de l'assistance, lieu de stockage des données, formation et déploiement. Parfois, un logiciel existant avec un peu de paramétrage est la meilleure solution. Si rien ne correspond à votre façon de travailler, envisagez un logiciel sur mesure – nous expliquons comment choisir le prestataire dans le guide « Choisir un prestataire informatique : site, boutique ou logiciel ».
Liste de contrôle avant l'achat
• Le logiciel fait tout ce qui figure sur ma liste « indispensable ».
• Il fonctionne sur mon système et mon matériel et ouvre mes fichiers.
• Il provient du site de l'éditeur ou d'une boutique officielle.
• Il ne demande que les autorisations nécessaires à ses fonctions.
• Je connais le coût sur 3 à 5 ans et je sais comment résilier l'abonnement.
• Il a été testé avec mes propres données.
• Il est mis à jour et dispose d'une assistance.
• Je peux exporter mes données.
Questions fréquentes
Logiciel gratuit ou payant ?
Gratuit ne veut pas dire moins bon, mais vérifiez toujours comment l'éditeur gagne sa vie : publicité, version payante, dons ou données des utilisateurs. Un logiciel payant doit apporter quelque chose de concret : assistance, mises à jour, absence de publicité, fonctions professionnelles.
Une application d'une boutique officielle est-elle toujours sûre ?
Les boutiques officielles contrôlent les applications, mais il arrive qu'une application malveillante passe entre les mailles du filet. Même là, regardez l'éditeur, les autorisations et les avis.
Que faire si une application demande trop d'autorisations ?
Refusez celles qui n'ont rien à voir avec ses fonctions et vérifiez si l'application fonctionne toujours. Si elle est inutilisable sans elles, cherchez-en une autre.
Comment résilier un abonnement ?
Dans les paramètres de votre compte de la boutique d'applications (rubrique abonnements) ou dans votre compte chez l'éditeur, si c'est lui qui encaisse les paiements. Supprimer l'application ne suffit pas à arrêter les prélèvements.
Logiciel installé ou service dans le navigateur ?
Un logiciel installé fonctionne en général sans Internet et vos données restent chez vous. Un service dans le navigateur fonctionne sur tout appareil sans installation, mais vos données sont chez le fournisseur et l'accès dépend de l'abonnement et de la connexion. Choisissez ce qui correspond le mieux à votre liste de besoins.